Matinée Intelligence Artificielle à l’Académie Nationale de Médecine

Le 12 octobre prochain, j’aurai le plaisir d’intervenir à la matinée Intelligence Artificielle de la Société française de médecine légale et d’expertises médicales, à l’Académie nationale de médecine.

Avec Renaud Bouvet, nous y défendrons une thèse à contre-courant : en matière d’expertise, le recours à l’IA générative est une fausse bonne idée.

Méfiance et non pas réticence. Car la plupart des verrous se lèvent… par une action humaine.
Minimisation des données ? Tri humain des pièces.
Exactitude, hallucinations ? Contrôle humain, attentif et démontrable, des sorties.
Conformité du sous-traitant ? Audit de ses garanties, avant de signer.

D’où un paradoxe : chaque garde-fou suppose l’examen approfondi du dossier que l’outil promettait précisément d’épargner. L’apport de l’IA générative devient alors relatif.

Mais surtout, trois risques demeurent.

1️⃣ L’étude du dossier ne se délègue pas. Déléguer la synthèse, c’est déléguer le tri. Et le tri, c’est déjà le raisonnement expertal.

2️⃣ Le prix affiché n’est pas le juste prix. Le coût réel d’un modèle serait dix à cent fois supérieur à ce que paie l’utilisateur. La tentation de compenser par la réutilisation des données est structurelle, et un contrat verrouillé ne la fait pas disparaître. Or l’expert, tenu au secret, n’a pas la libre disposition de ces données.

3️⃣ Transparente… ou illicite. Pseudonymiser puis traiter impose d’informer au préalable l’expertisé et les praticiens concernés. Un usage discret n’est donc pas une option. Un usage révélé par un justiciable, ou par une décision, interroge la probité et l’honneur de l’expert, et l’expose à la radiation de la liste comme à une sanction ordinale.

Différentes conditions permettent pourtant d’avancer. C’est ce que nous présenterons lundi, à partir de 9h30, 16 rue Bonaparte.

Sources :

  • E. Bégué, RDN n° 886, janvier 2026
  • IA générative et expertise médicale, une fausse bonne idée, Rev Fr Dommage Corp 2026-1, 51-9