
Dans un SI de santé, l’exactitude n’est pas un confort. C’est une condition de sécurité.
Impossible de transfuser sur la foi d’une carte de groupe sanguin avec une seule détermination.
Impossible de se fier à un dossier médical potentiellement « visité » par un pirate.
Mais parfois, l’inexactitude est organisée par le système lui-même.
Depuis un incident ayant touché un logiciel de gestion de cabinet en février 2026, SCOR exige des pharmaciens des justificatifs… pour des ordonnances numériques.
L’un des avantages de l’e-prescription, c’est pourtant justement qu’il n’y a plus de justificatif. Les données sont automatiquement remontées aux serveurs.
Enfin ça, c’est le principe.
Depuis cet évènement, la plateforme somme les officinaux de produire une pièce… que la dématérialisation a fait disparaître.
A peine de considérer comme indus certains règlements.
Le problème a été identifié.
La CNAM a donné des instructions pour le traiter.
Mais il devrait persister jusqu’en… 2027.
Le sujet n’est pas de savoir qui a fauté.
Il est plus simple. Voire gênant.
L’exactitude n’est pas une propriété du SI, mais une obligation légale.
La question est de savoir à qui elle s’impose, en l’occurrence.
Une question cruciale.
Elle détermine à qui incombent les conséquences de ce bug : temps administratif, indus répétés, décalage de trésorerie…
Si vous êtes en officine, vos retours de terrains m’intéressent : ils alimenteront mon prochain article.
Sources :
- 🇪🇺 Art. 5(1)(d) du RGPD
- 🇫🇷 DTNS, rubrique Ordonnance numérique
- 🇫🇷 Incident SCOR / Ordonnance numérique : l’USPO obtient la suspension des relances et procédures de recouvrement, USPO, 12 mai 2026